l'enfant qui mesurait le monde

Je viens de finir un roman, et finir un roman, d'habitude, c'est toujours un peu triste. Mais là, quand j'ai fini la dernière page puis reposé le livre, je savais qu'il fallait être heureux. Les es personnages restent au chaud, et l'histoire continuera sans qu'il ne faille la raconter. 

"À Kalamaki, île grecque dévastée par la crise, trois personnages vivent l'un près de l'autre, chacun perdu au fond de sa solitude.
Le petit Yannis, muré dans son silence, mesure mille choses, compare les chiffres à ceux de la veille et calcule l'ordre du monde. Maraki, sa mère, se lève aux aurores et gagne sa vie en pêchant à la palangre. Eliot, architecte retraité qui a perdu sa fille, poursuit l'étude qu'elle avait entreprise, parcourt la Grèce à la recherche du Nombre d'Or, raconte à Yannis les grands mythes de l'Antiquité, la vie des dieux, leurs passions et leurs forfaits...
Un projet d'hôtel va mettre la population en émoi. Ne vaudrait-il pas mieux construire une école, sorte de phalanstère qui réunirait de brillants sujets et les préparerait à diriger le monde?
Alors que l'île s'interroge, d'autres rapports se dessinent entre ces trois personnages, grâce à l'amitié bouleversante qui s'installe entre l'enfant autiste et l'homme vieillissant."

C'est un livre qui se lit vite, et facilement. L'histoire est simple. Mais tout y est beau : Yannis et ses calculs rassurants, son silence et sa manière extraordinaire de percevoir le monde, Eliot et sa poésie, sa patience et sa droitesse, Maraki et son courage violent, son désir ardent et ses pensées qui jamais ne s'arrêtent. C'est un livre-fenêtre, qui nous laisse gentiment entrevoir comment seul + seul = ensemble. Qui nous donne envie de se battre pour des valeurs, pour des gens, pour un pays, pour un paysage. 

"Je crois que c'est ça, l'ordre du monde, tu sais, Yannis. C'est quand tu ne peux pas savoir à l'avance comment les oiseaux vont crier, ou comment le meltème va souffler entre les pierres, ni quand la mer va s'écraser contre le parapet. Mais tu es heureux d'écouter ces bruits comme ils viennent à toi. L'ordre du monde, c'est quand tu es heureux. Même si les choses changent."